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Johan Coulomb, Chargé de mission eau et agriculture pour Montpellier Méditerranée Métropole

Le 21 septembre dernier, lors de la réunion du Groupe de Travail Projet Alimentaire de Territoire (GT PAT) de FILEG, Johan Coulomb a partagé le retour d'expériences du projet FIBANI sur le développement de légumineuses au cœur du bassin de la métropole montpelliéraine, territoire à forts enjeux climatiques, eau et agriculture.
Retrouvez son témoignage en lisant l'article ci-dessous.

Johan, pouvez-vous nous contextualiser le territoire du projet FIBANI ?

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Notre territoire en quelques chiffres c’est 500 000 habitants, environ 60 000 repas dans la resto collective publique sur notre territoire (CHU, CROUS…) dont 13 000 avec la restauration collective de la ville de Montpellier, 10 000ha de SAU, 475 agriculteurs principalement spécialisés en viticulture et environ 25% de surfaces en AB.
Nous avons surtout des
enjeux « eau » importants d’un point de vue qualitatif et quantitatif sur notre territoire avec des problématiques de pollutions diffuses agricoles sur 2 captages prioritaires d’eau potable, des milieux naturels sensibles aux pollutions, une augmentation des besoins en eau pour l’agriculture et une menace climatique certaine.

Comment est né le projet FIBANI et quels sont ses objectifs ?

FIBANI est né au croisement de deux politiques portées chacune par un vice-président à la métropole : la politique de l’eau et la politique agroécologique et alimentaire structurée autour d’un projet alimentaire de territoire (PAT).

La politique de l’eau est une compétence obligatoire et grâce à laquelle nous souhaitons préserver la ressource en eau potable sur les aspects quantitatifs et qualitatifs. Sur la politique agroécologique, nous avons 3 grands axes : Façonner un territoire agroécologique, Structurer un approvisionnement durable, et Accessibilité alimentaire.

FIBANI signifie filières à bas niveau d’impacts, l’idée est donc d’accompagner la structuration de filières environnementales sur le territoire de Montpellier Méditerranée Métropole, dans la même philosophie que le concept de Santé unique porté par FILEG. Ses objectifs sont de reconquérir et préserver la qualité de l’eau, d’accompagner l’adaptation de l’activité agricole face aux changements climatiques et de développer la résilience et la souveraineté alimentaire du territoire concerné.

 

Quelles sont les actions de FIBANI ?

Prévu en 3 phases dès le départ, avec un accompagnement par CERESCO, le projet FIBANI a été initié par une étude exploratoire en phase 1 ayant pour but d’analyser le champ des possibles en termes de cultures au regard du critère « bas niveau d’impact ». 8 productions ont ainsi été identifiées.
 

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Puis, en phase 2, en cohérence avec la politique de la Métropole et les résultats d’une enquête, et en partenariat avec la Chambre d’agriculture, le CIVAM et Ocebio, un accompagnement à la structuration de 2 filières de l’amont à l’aval a débuté pour les céréales rustiques et les légumes secs. Cet accompagnement s’est matérialisé par une étude de marché et la recherche de débouchés, notamment auprès la restauration collective, une identification des outils de transformation existants sur le territoire avec une analyse des coûts et une animation de groupes d’agriculteurs avec la diffusion de références techniques agronomiques.
L’idée était de décomposer la chaine de valeur et d’agir sur chacun des maillons en faisant travailler tous les acteurs ensemble.

En phase 3, la dynamique continuera d’être animée sur des filières prototypes en faisant des tests, et l’idée est désormais de participer à l’investissement dans des outils collectifs de structuration de filière.
La collectivité créé l’étincelle de démarrage et participe à ces tests en finançant sur 1 ou 2 ans la prise de risque des agriculteurs mais aussi sur toute la chaine de transformation.

 

Pouvez-vous nous partager quelques conseils, des leviers et freins pour les porteurs de PAT intéressés par la structuration d’une filière légumineuses sur leur territoire ?

Peut-être pas des conseils mais quelques éléments saillants constatés au cours du projet comme :

  • la nécessité d’avoir la bonne échelle de projet en travaillant à une échelle interPAT en embarquant ses collectivités voisines dès le début ;

  • la transversalité en interne avec la direction de l’eau des collectivités, et des directions qui partagent avec vous les mêmes objectifs  ;

  • la nécessité de bien s’entourer en allant chercher une expertise avec un regard extérieur au territoire tel que CERESCO et FILEG, et aussi les compétences locales au territoire ;

  • l’importance de mutualiser la prise de risques ;

  • le premier levier « débouchés » qu’est celui de la restauration collective ;

  • la vision stratégique long terme couplée aux actions concrètes court terme.


Et voici quelques freins rencontrés qui pourraient être levés :
-    l’implication des acteurs de la distribution, notamment GMS ;
-    le dialogue entres les maillons ;
-    le sujet filières qui est nouveau pour une collectivité
-    la contractualisation, sujet nouveau aussi ;
-    le temps long pour structurer une filière qui va parfois au-delà d’un mandat d’élu.

Le travail en équipe et en transversalité est juste essentiel pour lever ces freins et actionner les leviers adéquats !

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