Filière légumes secs : le témoignage de Guillaume Saintignan, agriculteur engagé avec Euralis et FILEG
Pour faire suite à la Table Ronde d'ouverture de La Grande Semaine du Végétale (25 septembre 2026), Guillaume Saintignan, agriculteur et administrateur d’Euralis, partage son expérience de la culture du pois chiche, les bénéfices de l’Organisation de Producteurs Légumes Secs et l’intérêt de rejoindre FILEG pour développer la filière légumineuses.
Guillaume, que vous a apporté la mise en place de cette filière légumes secs avec Euralis-Bonduelle au sein de votre exploitation ?
Les légumes secs, puisqu’il s’agit de légumineuses, apportent beaucoup d’azote et s'auto-suffisent à elles-même. C’est donc très intéressant pour nos systèmes de culture.
Produire des légumineuses ne nous demande pas plus de temps. C’est une flèche de plus à notre arc, notamment parce que le besoin d’irrigation est moindre. Ces cultures permettent d’introduire une nouvelle rotation sur nos assolements et c’est fondamental pour la biodiversité en général et des sols.
Toutefois, nous avons un objectif de production de 2 tonnes/ha et il est aujourd’hui compliqué d’aller chercher la performance dans la production de ces cultures. C’est difficile de progresser !
Cela fait 4 ans que j'ai inséré le pois chiche dans mes rotations et je n'ai connu qu'une seule bonne année.

La 1ère année, nous avons eu beaucoup de pluie au printemps, ce qui a fait exploser les maladies sur les plantes. La 2ème année, nous avons réussi à performer. La 3ème fut compliquée avec des orages, beaucoup d’eau et de la grêle qui ont détruit plusieurs parcelles. Et cette année 2026 caniculaire est catastrophique !
Aucune plante ne supporte plus de 40°C au moment de la floraison, pas même le pois chiche, pourtant plante méditerranéenne… En 2026, je n’ai eu que 160mm d’eau sur toute la période de culture. Ce n’est pas suffisant pour faire fleurir un pois chiche et remplir ces gousses afin d’avoir de belles graines à mettre dans les assiettes. Heureusement que j’ai souscrit une assurance pour avoir un minimum de revenu.
Alors oui, la légumineuse revient sur le devant de la scène mais ça prend du temps.
Quels sont les avantages, pour les producteurs d’Euralis, de la mise en place puis de l’élargissement de l’Organisation de Producteurs Légumes Secs ? Et quel est votre point de vue sur cet outil ?
La mise en place de l’outil « Organisation de Producteurs Légumes Secs » a permis aux agriculteurs engagés de bénéficier :
D’une commercialisation collective ;
D’une réduction des risques commerciaux - les contrats sont ficelés, on sait où on va ! ;
D’une mutualisation des coûts ;
D’un accès à certains dispositifs d’aides pour sécuriser la transition ;
D’une planification de la production ;
D’un accompagnement technique très important ;
Et des investissements en temps collectifs pour des retours d’expériences partagés.
Au début, il faut bien comprendre que les agriculteurs avaient beaucoup de craintes ; on se disait que l’on ne connaissait pas ces cultures. Aujourd’hui, ils sont enchantés d’avoir appris de nouvelles techniques, moi y compris.
En quoi l'adhésion d'Euralis à FILEG vous parait-elle utile pour cette filière Légumes Secs ?
Au début, je vais être honnête, je ne comprenais pas trop le fonctionnement.
Et puis maintenant, après quelques mois, je vois que je peux mettre en commun nos retours d’expériences pour savoir comment s’est passé l’année, aussi bien sur la mise en place des cultures que sur les rendements. Et aussi échanger sur ces sujets avec d'autres métiers de la filière.
Le but est de pérenniser et développer notre filière légumineuses !



