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Légumineuses et changement climatique : quels enjeux pour les filières pois, féverole et soja ?

il y a 5 jours
2 min de lecture

Pois, féverole, soja : et si les légumineuses, championnes de l'agroécologie, étaient les premières victimes du changement climatique ? Baisse des rendements, stress hydrique et concurrence avec le blé et le colza : autant de défis nouveaux pour les filières. Une récente thèse apporte un éclairage scientifique sur ces enjeux et propose des pistes concrètes pour les enrayer.


Des rendements de légumineuses déjà sous pression


Les légumineuses à graines ont tout pour plaire : elles enrichissent les sols en azote, réduisent le besoin d'engrais et apportent des protéines végétales bienvenues dans nos assiettes. Pourtant, leur développement reste limité en Europe : elles ne couvrent aujourd’hui qu’environ 3 % des surfaces cultivées, contre 15 % à l’échelle mondiale.


Le changement climatique pourrait compliquer encore leur développement. La thèse de Marie Marteau-Bazouni, soutenue en juillet 2025 à l’UMR Agronomie (INRAE/AgroParisTech/Université Paris-Saclay), s’est notamment intéressée aux effets du climat sur les rendements des légumineuses.


Pour le soja, les études de modélisations existantes montrent une situation contrastée : des gains dans le nord de l’Europe et des pertes de rendements dans le sud. Elles révèlent aussi que les connaissances restent encore limitées sur les espèces autres que le soja.


Légumineuses et changement climatique : une fragilisation qui inquiète les filières


Ces évolutions ne sont pas seulement visibles dans les données. Les échanges menés lors de la thèse avec les acteurs des filières françaises montrent que le changement climatique est déjà perçu comme un frein, susceptible d'accentuer le déclassement des légumineuses face aux céréales et oléagineux.


Cette perception est étayée par une analyse des rendements du pois et de la féverole. Grâce à un algorithme de machine learning, la thèse a permis de modéliser l’impact passé et futur du climat sur ces deux cultures. Les résultats montrent une baisse des rendements depuis 1981 et suggèrent que l’écart avec le blé et le colza pourrait encore se creuser sans action volontariste.


Une adaptation pas uniquement technique


Face à ce constat, l’adaptation des cultures apparaît indispensable. Mais pour les acteurs interrogés réclament une adaptation qui dépasse les simples ajustements techniques.


L’adaptation doit également être pensée à l’échelle des filières et des politiques publiques.

La thèse mène à voir, par l’analyse des politiques publiques menées jusqu’à présent que des incohérences existent, et elle identifie des propositions concrètes pour soutenir durablement le développement des légumineuses.


Pour aller plus loin, le replay de la soutenance : https://youtu.be/G5ckmmTBD-E 

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